Alphonse Bouvier fondateur de l'arsab
Je suis heureuse, Monsieur Bouvier de pouvoir commémorer, ici avec vos amis, le 80ème anniversaire de votre départ dans l'au-delà.

Avant de vous présenter, au nom de tous, nos profonds remerciements pour toutes les oeuvres que vous avez créées, laissez-moi rappeler à tous ce que fut le long chemin de votre vie.
Alphonse Bouvier

Discours de la Présidente le 20/11/2011 sur la tombe de M. Bouvier pour le 80ème anniversaire de sa disparition.



Je suis heureuse, Monsieur Bouvier de pouvoir commémorer, ici avec vos amis, le 80ème anniversaire de votre départ dans l'au-delà.

Avant de vous présenter, au nom de tous, nos profonds remerciements pour toutes les oeuvres que vous avez créées, laissez-moi rappeler à tous ce que fut le long chemin de votre vie.


Alphonse Bouvier est né le 22 décembre 1851, près de Sens dans l'Yonne, dans une famille de travailleurs agricoles. De 1871 à 1878 il fit son service militaire au camp de Sathonay, près de Lyon. Ce mauvais tirage au sort a été la grande chance du jeune homme d'alors, qui avant d'arriver à Sathonay, dans un rêve prémonitoire, se voit marcher dans une grande rue, traverser une place, descendre une côte et se retrouver sur une autre place devant de beaux monuments, ce qui se produit au cours de sa première permission. Il reconnaît à ce moment là la Grande Rue de la Croix-Rousse, la place de la Croix-Rousse, la montée de la Grande-Côte et la place des Terreaux. Ce sont bien les rues et les places vues dans son rêve.


Toute la vie d'Alphonse Bouvier a été portée par son amour du prochain, en oeuvrant pour soulager la souffrance physique et morale d'autrui. Sa volonté le conduisit aussi à sa propre amélioration morale et intellectuelle.


Et c'est vrai qu'il va, lui qui jusque là n'avait pas grande instruction, s'élever intellectuellement durant son service militaire.Il quittera l'armée  avec le titre de Sergent Major.


Sitôt libéré il quittera Lyon pour Paris et se fait engager à la Salpétrière, en tant que garçon de laboratoire. C'est à la Salpétrière qu'il put assister aux expériences d'hypnotisme du Dr Charcot et prit conscience de son magnétisme. Magnétisme qu'il appliquait aux malades qu'il côtoyait et qui sera l'essentiel de son action bénéfique, plus tard, à Lyon.


C'est à cette époque aussi qu'il fit la connaissance du Lieutenant-Colonel de Rochas, alors administrateur de l'Ecole Polytechnique de Palaiseau, avec qui il pratiquera plus tard des expériences importantes à Lyon et à Grenoble.


Il se marie en 1880 et s'installe à Lyon, 5 cours Gambetta, il a 29 ans. Il possédait aussi une maison de campagne à Cusset.


Dans un premier local situé rue Sébastien Gryphe, il reçoit jusqu'à 600 malades par semaine dont 140 à 160 le Vendredi, qu'il soignait sans esprit lucratif. Les patients lui donnaient ce qu'ils voulaient et, non seulement les indigents ne payaient pas, mais c'est M. Bouvier qui leur glissait une petite pièce de monnaie dans les mains.


Puis, pour accomplir sa belle mission, Alphonse Bouvier loua une salle au 6, rue Paul-Bert. Cette salle est parfois réservée à un autre usage que le magnétisme, des fêtes y sont données Elles sont animées par une troupe théâtrale regroupant de jeunes artistes lyonnais. Le    ( 2 produit de la recette est destiné à alimenter une Caisse de Secours aux Vieillards. La Fondation Bouvier est créée en 1885.


En 1885 aussi, Il crée une première Société : la Sté Fraternelle d'Etudes du Spiritisme et donna des conférences sur des sujets spiritualistes. Il réalisa aussi des expériences de régression de mémoire et, ainsi que l'a rapporté son secrétaire M. Barthélémy, « toutes les séances avaient lieu le soir dans son cabinet de travail ou chez le sujet lui-même, s'il ne pouvait se déplacer.
Ces recherches duraient des semaines, car, chaque fois, le sujet devait repasser successivement par toutes ses vies, sous l'influence de passes magnétiques. Les séances duraient ainsi deux ou trois heures chacune. Il en fit également avec le Colonel de Rochas.


Outre le Colonel de Rochas, il rencontra de grands pionners du Spiritualisme de l'époque tels que Léon Denis, Gabriel Delanne, le professeur Charles Richet et même Maître Philippe


Au congrès Spirite de 1900, il a présenté des mémoires très documentés tels que : « considération et différence entre l'hypnotisme et le magnétisme » « du rôle des Esprits dans l'economie humaine » « l'émission et la polarité ».


Il dirigea pendant 20 ans une revue de magnétisme curatif et du spiritisme expérimental : « La Paix Universelle ». En 1906, il deviendra Président de la section villeurbannaise de la Ligue des Droits de l'Homme et du Citoyen.
En 1917, avec M. Revel, il déposera un brevet d'invention, à la Préfecture de Lyon le 21 Juin 1917, sous le numéro 9600, sur la photographie : " Application de l'analyse spectrale aux phénomènes du magnétisme physiologique. "
Monsieur Bouvier réalisa de nombreuses photographies de doubles, également observées par de nombreux témoins, mais leur traces mal fixées sur la plaque disparurent au bout de 30 ans, si bien, que nous ne possédons plus de documents probants de ces si interessants travaux.


Quand arriva la guerre de 1914, M. Bouvier mit sa première société en veilleuse. Mais il envoyait du coton magnétisé aux soldats du front. Le destin est parfois cruel et implacable. M. Bouvier, qui avait sauvé tant de malades ou de blessés, perdit deux fils d'une vingtaine d'années. Ils avaient contracté au front une maladie qui exigeait leur rapatriement, mais ils furent remis trop tard aux mains de leur père qui ne put les sauver. Son troisième fils revint de la guerre ayant perdu un oeil.


Après toutes ces épreuves de guerre, en 1919, avec un ami et collaborateur : Georges Mélusson, il fondera la Société d'Etudes Psychiques et Spirites telle que nous la connaissons aujourd'hui. Après quelques années de présidence, Alphonse Bouvier passera la présidence à Georges Mélusson, il sera Président d'honneur et restera Président de la section magnétisme.


Le temps est venu pour moi de vous annoncer que la Ste d'Etudes Psychiques, en accord avec M. Bouvier, va changer de nom, uniquement de nom. Devenue : « Association de Rencontres Spiritualistes Alphonse Bouvier » en souvenir et hommage à notre fondateur, elle s'efforcera de garder les valeurs inculquées et transmises par lui à nous, ses descendants.


Alphonse Bouvier quitta ce monde le 16 Novembre 1931 et fut inhumé au cimetière de la Guillotière, allée 20, par M. Hubert Forestier et de nombreux délégués de Sociétés Spirites. Une main en bronze, moulée sur son lit de mort, atteste des nombreuses guérisons qu'il réalisa.


Georges Mélusson écrira alors : « Notre vénéré ami a quitté sa dépouille corporelle le 16 Novembre dernier et le surlendemain plus de 1.000 personnes accompagnaient cette dépouille de la maison mortuaire jusqu'au cimetière de la Guillotière où l'attendaient plusieurs centaines d'amis désireux de rendre un dernier hommage à ce vaillant bienfaiteur. C'est un saint qui s'en va, disais-je comme dernières paroles à son inhumation, lorsque terrassé par une émotion poignante, je fis le geste symbolique de recouvrir son cercueil de quelques pincées de terre. Je ne crois pas en effet que beaucoup, plus que lui, aient vécu selon la loi de Dieu, conformément à la parole du Christ et ayant constamment à l'esprit cette devise : « Hors la Charité, pas de salut »


Voici quelques citations et pensées de Monsieur Bouvier, que j'ai relevées :

- Ceux qui savent se doivent à ceux qui ignorent et le Verbe Divin se manifeste ainsi
- L'être qui s'élève à la compréhension du pourquoi de l'existence possède un trésor,
- que nul ne peut lui enlever. Même dans l'adversité, il trouve encore le bonheur.

Une bonne action est un chant d'amour qui monte au Créateur.


Merci Monsieur Bouvier et que votre présence invisible continue de nous accompagner dans cette Salle que nous aimons tant.


Françoise Strada
20 Novembre 2011